mar 182007
 

Une petite vidéo sympa de l'A380 et quelques réflexions sur la forme de ses ailes.

Au retour de la visite en entreprise (près d'Altran) un A380 nous est passé juste au dessus de la tête sur la rocade. J'ai eu le temps de dégainer mon appareil photo et de prendre une petite vidéo. C'est dommage on se rend pas bien compte de sa taille, mais sachez que le zoom de mon appareil photo était au maximum (3.0x) et que c'était vraiment beaucoup plus impressionnant que sur la vidéo.

Sur les dernières images on peut voit très distinctement les volets (à l'arrière de l'aile), les becs (devant, on peut voir le faible espace intracavitaire caractéristique des A380), les trains d'atterrissage et les moteurs.

Sur la plupart des avions plus anciens que l'A380 (ouais, tous en fait) l'espace entre la partie principale de l'aile et les becs est beaucoup plus grand. Hors, on sait que c'est cette cavité qui est responsable d'une grande partie du bruit émis par les ailes d'un avion en phase d'approche (c'est le contexte du sujet de ma thèse). Du coup chez Airbus, ils se sont dit "ben puisque c'est cette cavité qui fait du bruit, on n'a qu'à la supprimmer !". Sauf qu'évidemment les becs sont indispensables pour que l'atterrissage se déroule à la bonne vitesse. Ils font partie de l'appareillage d'hypersustentation (volets+becs) qui permet d'augmenter la portance de l'aile (c'est la force exercée par l'air sur l'aile de l'avion, orientée vers le haut, et qui permet à l'avion de planer) lors de l'atterrissage et donc de diminuer le plus possible la vitesse de l'avion (ce qui a un second effet positif : les moteurs étant au ralenti pendant cette phase, la consommation de carburant diminue fortement). Sans les becs, la portance serait bien inférieure et l'avion serait obligé d'aller plus vite pour continuer à planer. La vitesse requise étant plus grande, l'atterrissage en serait d'autant plus délicat.

Conclusion : impossible de supprimmer totalement les becs et la cavité qu'ils forment avec la partie principale de l'aile lorsqu'ils sont déployés.

Pourtant on sait que l'A380 est beaucoup plus silencieux que ses prédécesseurs. Comment ont-ils fait ? Mon hypothèse est qu'ils y sont parvenus en partie grâce à une minimisation de la taille de la cavité (ce qui explique sa faible taille comme on peut le voir sur l'image précédente). Car on sait grâce à des mesures effectuées en soufflerie et des calculs fait par ordinateur que plus la cavité est petite, plus le bruit émis par les becs est faible. La perte de portance en résultant peut-être compensée par une augmentation de la surface de l'aile (plus la surface de l'aile est grande et plus la portance est grande), ce qui peut aussi expliquer en partie la taille gigantesque des ailes de l'A380. Pour mémoire, sachez que l'A380 est plus large (presque 80m) que long (environ 73m), et que les ailes font près de 45m de long, soit presque deux fois la longueur d'un terrain de tennis ! (source : Airbus A380 sur wikipédia).

Ce n'est que mon hypothèse, il faudra que je discute avec des gens d'Aribus pour savoir ce qu'il en est réellement. En tout cas vous voyez qu'ils ont réussi à se débrouiller pour diminuer le bruit de bec sans rien savoir de mes travaux... Ô ingratitude de la recherche ! Que ne trouvè-je le courage de te fuir à jamais 😉

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